Résidence semi-principale et résidence semi-secondaire

La crise sanitaire a complètement bouleversé les envies et les modes de vie des Français. Le développement du télétravail pour certains, l’envie d’espace et de verdure pour d’autres, voire l’envie de changer de vie font partie des conséquences du Covid-19. Ainsi, de nombreux Français se sont mis en quête d’une seconde maison dans laquelle passer des semaines entières en plus des vacances, voire quelques jours chaque semaine. La frontière entre résidence principale et résidence secondaire disparaît…au profit des résidences semi-principales ou bi-principales. 

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Qu’est-ce qu’une résidence semi-principale ? 

En réalité, c’est un concept bien connu de certains retraités : un appartement en ville bien pratique pour profiter de la culture et des soins, une maison à la campagne, à la mer ou à la montagne pour profiter d’une vie au calme près de la nature. C’est aussi l’occasion d'accueillir ses petits-enfants lors des vacances ou toute sa famille lors de week-ends. 

Selon l'Insee, le nombre de résidences principales est en légère baisse depuis 15 ans au profit des logements dits vacants et plus récemment des résidences secondaires et des logements occasionnels. Avec la pandémie et les périodes de confinement, le phénomène prend de l’ampleur. Ainsi, la résidence secondaire n’est plus seulement une maison de vacances mais devient beaucoup plus souvent occupée, y compris pour y travailler. 

C’était un mode de vie parfois déjà adopté par quelques travailleurs indépendants et freelance. Mais le point de départ de l’engouement pour les résidences semi-principales a sonné lors du premier confinement. Des familles entières sont parties vivre pendant plusieurs semaines dans ce qui était jusque-là une résidence secondaire. D’autres ont sérieusement envisagé l’achat d’une résidence semi-secondaire, proche des transports pour rejoindre leur lieu de travail, bien équipée et bénéficiant de l’espace et de la nature qui manquent tant dans les métropoles. 

L’avantage du télétravail permet de décaler ses horaires de départ et d’arrivée et ainsi d’éviter les embouteillages ou les trains bondés du vendredi soir ! 

On finira sans doute par abandonner les notions de résidence principale ou résidence secondaire, sauf pour les conséquences fiscales.

Comment choisir une résidence semi-principale ? 

Avoir un coup de cœur pour une vieille ferme isolée n’est peut-être pas le meilleur choix pour une résidence semi-principale. En effet, plusieurs conditions sont indispensables avant de faire le bon choix : 

  • Une maison facilement accessible : avant d’acquérir un bien immobilier, il convient de toujours réfléchir à son usage au quotidien. Idéalement, un temps de 2 heures de trajet maximum en train, en avion ou en voiture semble raisonnable pour rejoindre sa seconde résidence. Le budget ne sera pas le même selon le mode de transport et il faut penser aux périodes de grèves éventuelles...
  • Une maison et un appartement : si vous vivez en appartement dans une grande ville, vous préférerez adopter une maison en second achat. A l’inverse, si vous êtes dans une maison de proche banlieue, peut-être adopterez-vous volontiers un appartement à la montagne ou à la mer. 
  • Une connexion internet de qualité : c’était un luxe jadis, c’est devenu indispensable pour travailler. Il est donc absolument nécessaire de vérifier que le réseau téléphonique mobile est de qualité et qu’un accès à une offre ADSL ou Fibre performante est possible. Et il s’agit bien de vérifier concrètement la qualité de la connexion, et pas seulement de se fier au débit annoncé par les fournisseurs d’accès. 
  • Un projet partagé par toute la famille : Le choix d’une résidence semi-principale en famille est sans doute plus complexe avec des enfants entre 3 et 18 ans, à la scolarité le plus souvent en présentiel en période normale. La migration en famille doit correspondre à un projet partagé par tous. Il est également rare dans un couple de pouvoir travailler tous les deux soit à 100 % en télétravail, soit selon le même calendrier d’alternance télétravail / présentiel. Parfois, un seul membre du couple peut télétravailler et l’autre envisage une reconversion ou une recherche d’emploi près du lieu de la seconde résidence… qui devient alors résidence principale. 
  • Télétravail ou pas : d’après une étude de l’IFOP, 1 personne sur deux en télétravail est un cadre en 2019. Qui dit cadre dit souvent fonction d’encadrement et donc proximité avec ses équipes. Aussi, le télétravail à 100 % est rarement viable à long terme. C’est une donnée importante à prendre en compte dans la localisation de votre seconde maison. 
  • Connaître le lieu de sa future résidence semi-principale : comme pour tout achat immobilier, la localisation prime sur toutes les autres qualités !  Il est toujours préférable d’acheter dans une ville connue ou d’y passer plusieurs jours avant de signer la promesse de vente. C’est sans doute pour cela qu’un mouvement se dessine autour de la grande couronne parisienne notamment. 
  • Un budget maîtrisé : Deux logements alourdissent le budget avec deux taxes d’habitation, deux taxes foncières, deux factures d’énergie, deux factures de fournisseurs d’accès internet, des dépenses pour les trajets fréquents, des dépenses d’entretien multipliées par deux. Avez-vous les moyens d’avoir une résidence semi-principale ? 
  • Un investissement sûr : il est aussi possible de vouloir un jour revendre ce bien, parce qu’il ne correspond plus à vos attentes. Dans cette hypothèse, évaluez correctement le potentiel à la revente, notamment si vous devez effectuer de nombreux travaux de rénovation dans une vieille bâtisse. 

En complément, on vérifiera que la maison est pratique pour une vie quotidienne avec des commerces de proximité et un réseau de transport. L’achat d’une maison semi-secondaire est un projet immobilier réfléchi et bien documenté. Les agents immobiliers anticipent les nouveaux besoins des clients et vous accompagnent dans la réalisation d’un projet d’acquisition de résidence semi-principale. 

Enfin, avant d’acquérir une résidence semi-principale ou semi-secondaire, bref une seconde maison, il est utile de faire le point sur la première ! De nombreuses familles se sont rendu compte au cours des derniers mois qu’elles ne voulaient plus vivre dans les grandes villes. Les prix immobiliers dans les villes moyennes ont ainsi grimpé. Voulez-vous voir vos enfants grandir dans une métropole ou près d’une forêt ? Pour le même budget, préférez-vous un petit appartement dans lequel chaque mètre carré compte ou une grande maison avec jardin dans une ville moyenne ? C’est la première question qui mérite attention ! 

Et elle mérite de se poser à l’aune des prochaines années : dans 5 ans, l'aîné entre au lycée, dans 10 ans, le remboursement complet de votre prêt immobilier est terminé, et si vous divorcez dans 3 ans, etc. S’il est toujours difficile de faire des plans sur la vie de toute une famille à 10 ou 15 ans, il est bon d’envisager avec sérénité toutes les possibilités et d’étudier les conséquences en termes d’immobilier et de patrimoine. 

Conséquences fiscales d’une résidence semi-principale

Pour l’instant, l’administration fiscale ne suit pas les tendances des Français. Aussi, il n’est possible d’avoir qu’une seule résidence principale pour les services fiscaux. Et les conséquences sont nombreuses : 

  • Seul le logement déclaré comme résidence principale bénéficie de la réforme sur la taxe d’habitation. 
  • Seule la résidence principale bénéficie d’une exonération sur la plus-value immobilière réalisée lors de la vente du bien. 
  • Pour la taxe foncière, cela change peu de choses mais elles seront dues à des dates différentes pour la résidence principale (15 octobre) et la résidence secondaire (15 décembre). 
  • Pour le calcul de l’IFI (impôt sur la fortune immobilière), seule la résidence principale bénéficie d’une assiette égale à 70 % de sa valeur. Pour le second bien, c’est 100 % de la valeur.