Acheter un bien immobilier en famille : les pièges à éviter

Acheter un bien immobilier en famille peut être une belle opportunité pour acheter une maison de vacances ou aider des membres de sa famille à accéder à la propriété. Mais c’est aussi une opération délicate qui peut être source de conflits ! Découvrez comment acheter un bien immobilier en famille tout en se protégeant et en évitant les pièges.

29 août 2025
Temps de lecture : 6 minutes

Est-ce une bonne idée d’investir en famille ?

Le fait d’acheter un bien immobilier à plusieurs permet d’augmenter les capacités de financement, mais aussi, de mutualiser les risques et les coûts, (entretien de la maison, paiement des différentes taxes). C’est donc un excellent moyen d’acquérir et d’entretenir une résidence secondaire ! En choisissant la bonne structure juridique pour cet achat, cela peut aussi être l’occasion de simplifier la transmission du patrimoine familial en dehors des lignes de transmission directes. Investir dans l’immobilier en famille peut donc être une bonne idée, à condition de bien réfléchir au cadre juridique de cet achat.

Comment acheter un bien immobilier à plusieurs ?

Le fait d’acheter un bien immobilier en famille peut pendre différentes formes juridiques, qu’il convient de bien connaître pour choisir le régime le plus adapté.

L’indivision

L’indivision est un des régimes les plus utilisés dans un achat à plusieurs, qu’il s’agisse d’acheter un bien en couple ou en famille. C’est le régime qui s’applique par défaut, avec une répartition des parts effectuée selon l’investissement de chacun. Chaque membre de l’indivision est alors copropriétaire du bien, et chaque décision importante doit être votée de manière unanime (sauf convention contraire). Une convention d’indivision permet de fixer les grandes règles, et la sortie de l’indivision est possible à tout moment via le rachat de parts ou la licitation.

La Société Civile Immobilière

La SCI permet d’acquérir un bien immobilier en famille par l’intermédiaire d’une société, qui est alors propriétaire du bien. La répartition des biens acquis par la SCI se fait en fonction des parts sociales de chaque associé, telles que définies au moment de la création de la SCI. La gestion d’une SCI se fait selon les modalités définies par les statuts, et peut consister à donner plus de pouvoir à un associé en le nommant gérant. Il est possible de sortir d’une SCI seulement avec l’accord des autres associés, et ce, sans pouvoir les contraindre à vendre.

Parler à un conseiller

Quelles sont les erreurs à éviter lors d'un achat immobilier en famille ?

Acheter un bien immobilier en famille peut être une solution avantageuse pour acheter une maison de vacances ou préparer la transmission du patrimoine familiale… À condition de faire les choses correctement ! Voici les principales erreurs que commettent les personnes qui achètent à plusieurs.

Penser qu’il n’y aura jamais de conflit

Penser qu’il n’y aura jamais aucune raison d’entrer en conflit avec ses associés ou ses co-indivisaires est sûrement la plus grosse erreur qu’on peut faire lors d’un achat immobilier en famille ! Même une famille très soudée peut se retrouver déchirée par des désaccords autour de la gestion ou la transmission d’un bien. C’est pourquoi il est primordial de bien choisir le régime juridique selon lequel on souhaite acheter, afin de répondre aux besoins de sécurité ou de souplesse de chaque membre de la famille.

Ne pas choisir la bonne structure juridique

Comme évoqué plus haut, il est possible de choisir entre plusieurs structures pour acheter un bien à plusieurs. Et chacune possède son lot d’avantages et d’inconvénients !

●      L’indivision est souvent choisie pour sa liberté, puisqu’il est possible à tout moment de sortir de l’indivision sans l’accord des co-indivisaires. Par contre, elle peut mener à la vente forcée du bien en cas de conflit, ce qui est peu sécurisant.

●      La SCI est plus sécurisante dans la mesure où elle ne peut mener à une vente forcée du bien. Mais à l’inverse, il peut être très compliqué d’en sortir si les autres associés ne sont pas d’accord. En plus, elle exige plus de gestion administrative et des frais de création.

Ne pas bien rédiger les statuts de la SCI ou la convention d’indivision

Quel que soit le régime choisi, il faut veiller à bien rédiger les statuts ou la convention d’indivision. L’erreur la plus courante est de penser que des status ou une convention “classiques” sont suffisants pour un achat en famille. Mais ce n’est pas forcément le cas ! Ces documents doivent permettre de prévenir les conflits, en définissant un gérant ou un gestionnaire, mais aussi, d’autres détails qui peuvent paraître sans importance quand tout va bien, comme les modalités d’occupation et d’entretien du logement (partage des vacances et des week-ends, gestion des travaux…). Tous les moyens sont bons pour éviter les conflits : il n’y a pas de convention ou de statuts trop détaillés.

Oublier la question de la solidarité financière

Un achat à plusieurs implique souvent une solidarité financière que l’on décide d’emprunter à plusieurs ou chacun de son côté. Dans le cas d’un achat en indivision comme en SCI, chaque copropriétaire est responsable du paiement de la dette, et ce, quelle que soit sa quote-part. Si acheter en famille permet de voir plus grand, cela implique également plus de risques financiers si un des membres venait à manquer à ses devoirs. Au-delà de l’affect, il faut être sûr des capacités financières de chacun !

Ne pas préparer la succession

En indivision comme en SCI, la part du défunt sera transmise à ses héritiers en cas de décès. Il faut prendre cette donnée en compte au moment de l’achat et ne pas hésiter à faire rédiger un testament ou une clause de tontine si on souhaite procéder autrement. Dans tous les cas, il est conseillé de faire appel à un notaire pour mettre en place la SCI et l’indivision et préparer correctement la succession selon la volonté de chacun.

Estimez votre bien

Acheter un bien immobilier en famille : ce qu’il faut retenir pour éviter les pièges

  • Un achat immobilier en famille peut permettre d’acquérir une maison de vacances ou de préparer une transmission, à condition de bien choisir le mode de détention du bien.
  • L’indivision et la SCI sont les formes juridiques les plus répandues pour un achat immobilier à plusieurs, mais ils ont chacun leurs avantages et leurs inconvénients.
  • La principale erreur lorsqu’on achète un bien immobilier à plusieurs est d’imaginer qu’il n’y aura jamais de conflit : même en famille, il faut se préparer à toutes les éventualités !