DPE, PEL, taux d’usure : tout ce qui change en janvier 2026 dans l’immobilier
Le début d’année est souvent marqué par l’introduction de nouvelles mesures fiscales, économiques ou environnementales, ou simplement des taux ou plafonds qui évoluent. Voici tout ce qui change ou devrait changer dans l’immobilier en 2026.
19 janvier 2026
Temps de lecture : 6 minutes
Ce qu’il faut retenir sur ce qui change au 1er janvier 2026:
- DPE : depuis le 1er janvier 2026, le nouveau mode de calcul revalorise l’électricité, améliorant la note de nombreux logements chauffés électriquement.
- Crédit immobilier : les taux d’usure baissent légèrement au 1er janvier 2026, augmentant la capacité d’emprunt des ménages.
- PEL : le taux de rémunération passe à 2 %, avec un taux de prêt associé porté à 3,20 %.
- Rénovation énergétique : les plafonds de revenus du prêt avance rénovation sans intérêts (PAR+) augmentent, élargissant l’accès au dispositif.
- À venir : la réouverture de MaPrimeRénov’ et la création d’un statut de bailleur privé dépendent encore du vote de la Loi de Finances 2026.
Un nouveau mode de calcul pour le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE)
Annoncé dès le mois septembre 2025, le nouveau mode de calcul du DPE est entré en vigueur le 1er janvier, avec notamment un nouveau coefficient appliqué au chauffage électrique.
L’électricité revalorisée
Cette réforme a été mise en place par l’arrêté du 13 août 2025 suite à l’adoption d’une directive européenne relative à l’efficacité énergétique, qui permet de prendre en compte la décarbonation progressive de l’électricité française : désormais, les logements chauffés à l'électricité ne sont plus pénalisés par rapport à ceux chauffés au gaz !
Tous les DPE édités à partir du 1er janvier prennent en compte ce nouveau coefficient, et ceux édités en 2025 peuvent être mis à jour gratuitement sur le site DPE Audit de l’ADEME.
Des millions de DPE concernés
Cela a un impact majeur sur le DPE des logements équipés de chauffages électriques, qui voient leur étiquette énergie augmenter d’une classe, voire plus. 850 000 logements jusqu’ici considérés comme des passoires thermiques peuvent ainsi faire leur retour sur le marché de la location, et ce, sans aucun travaux de rénovation.
De nouveaux taux d’usure pour les crédits immobiliers
Mis à jour à chaque trimestre, les taux d’usure fixent les taux maximum pouvant être accordés dans le cadre d’un crédit. Les taux d’usure des crédits immobiliers ont ainsi un impact majeur sur le marché de l’immobilier, puisqu’ils définissent directement la capacité de financement des acquéreurs.
Comme à chaque début d’année, les taux d’usures des différents types de crédits ont été mis à jour le 1er janvier 2026. Légèrement inférieurs aux taux d’usure appliqués au dernier trimestre 2025, ces taux reflètent la baisse générale des taux effectifs moyen pratiqués ces 3 derniers mois. Les taux d’usure pour les différents types de crédits immobiliers ont alors été définis comme suit :
Types de prêt et Taux d’usure :
- Prêts à taux fixe d'une durée inférieure à 10 ans : 4,12%
- Prêts à taux fixe d'une durée comprise entre 10 ans et moins de 20 ans : 4,59%
- Prêts à taux fixe d'une durée de 20 ans et plus : 5,13%
- Prêts à taux variable : 4,99%
- Prêts relais : 6,15%
Une augmentation du taux de rémunération du Plan Epargne Logement (PEL)
Produit d’épargne réglementé, le PEL permet d’obtenir un prêt immobilier à un taux avantageux grâce au cumul d’intérêts et de droits à prêt. Sa rémunération et le taux d’emprunt qu’il permet d’obtenir sont définis au moment de l’ouverture du Plan, ce qui peut le rendre plus ou moins intéressant en fonction de la date à laquelle il a été mis en place.
Alors qu’il a été abaissé de 2024 à 2025, le taux d’intérêt du PEL a été revu à la hausse en 2026, avec un taux de 2 % contre 1,75 % auparavant. En parallèle, le taux d’emprunt proposé dans le cadre d’un Prêt Epargne Logement augmente lui aussi, passant de 2,95 % en 2025 à 3,20 % en 2026. Le prêt épargne logement ne pouvant dépasser 15 ans, cela n’est pas particulièrement avantageux par rapport aux taux immobiliers actuels : mais cela peut changer si les taux continuent d’augmenter comme ils le font depuis 2021.
Une hausse des plafonds de ressource pour le prêt avance rénovation ne portant pas intérêts (PAR +)
Le prêt avance rénovation, ou prêt avance mutation, est un prêt hypothécaire qui permet de financer des travaux de rénovation énergétique. Libre d'intérêt pendant les 10 premières années, il peut financer jusqu’à 30 000 € de travaux pour un bouquet de 3 postes de travaux ou plus, avec un remboursement exigible uniquement au moment de la vente du logement ou de la succession du propriétaire.
Accessible sous conditions de revenus, le prêt avance mutation ne portant pas intérêts est réservé aux ménages aux revenus modestes. Il est pourtant élargi en 2026 avec de nouveaux plafonds de ressources pour devenir accessible à plus de foyers :
Nombre de personnes composant le ménage en Île-de-France et dans les autres collectivités
- 1 personne : 29 253€ 22 259€
- 2 personnes : 42 933€ 32 553€
- 3 personnes : 51 564€ 39 148€
- 4 personnes : 60 208€ 45 735€
- 5 personnes : 68 877€ 52 348€
- Par personne supplémentaire : 8 663€ 6 598€
À titre de comparaison, les plafonds de revenus pour une personne seule étaient de 28 657 € et 21 805 € auparavant.
Ce qui pourrait changer en 2026 avec le vote de la Loi Finance
Au-delà des évolutions déjà mises en place, d’autres changements prévus pour janvier 2026 sont conditionnés par le vote de la Loi Finance, toujours en discussion à l’Assemblée Nationale. Voici ce qui pourrait changer lorsque le budget sera adopté.
Le dispositif MaPrimeRénov’
Suspendu depuis le 1er janvier, le dispositif MaPrimeRénov’ devrait réouvrir son guichet une fois le budget adopté, avec de nouvelles conditions d’éligibilité. Les logements classés C et D, qui avaient été exclus du dispositif en septembre 2025, devraient ainsi de nouveau être éligibles à cette aide forfaitaire. De même, les ménages aux revenus supérieurs pourraient de nouveau prétendre à une aide sur certains travaux.
Le statut de bailleur privé
Le statut de bailleur privé, évoqué dès le mois de juin 2025, permettrait d’instaurer un nouveau dispositif d’incitation fiscale censé relancer le marché locatif. Il permettrait alors aux particuliers qui investissent dans l’immobilier locatif, et plus particulièrement la location vide de longue durée, de bénéficier de différents avantages fiscaux : amortissement, abattements forfaitaires et plafonds de revenus relevés, déficit foncier augmenté…
S’il a été approuvé par le Sénat, le nouveau statut de bailleur privé ne pourra être mis en place qu’une fois le budget adopté. Comme le Projet de Loi Finances fait toujours l’objet de discussions, ce statut pourrait voir ses conditions et ses dispositions changer au cours des négociations.
❓ FAQ – Immobilier : ce qui change en janvier 2026
1. Le DPE change-t-il en 2026 ?
Oui. Le mode de calcul du DPE évolue pour mieux valoriser l’électricité, améliorant la note de nombreux logements sans travaux.
2. Des logements sortent-ils des passoires thermiques ?
Oui. Environ 850 000 logements classés F ou G peuvent améliorer leur étiquette énergétique dès 2026.
3. MaPrimeRénov’ est-elle disponible en 2026 ?
Non. Le dispositif est suspendu en attente du vote de la Loi de Finances 2026.
4. Ces changements impactent-ils la vente ou l’achat d’un bien ?
Oui. DPE, financement et aides influencent directement le prix, la demande et la stratégie immobilière en 2026